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Retrait de capital de prévoyance à l’étranger : 7 pays

Retrait de capital de prévoyance à l'étranger 2026 : fiscalité par pays, convention de double imposition

SOMMAIRE :

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Réponse express — Ce n'est pas toujours la Suisse qui impose votre retrait de capital LPP à l'étranger. Une convention de double imposition détermine si le droit revient à la Suisse (ex. Royaume-Uni, cas favorable) ou à votre pays de résidence (France, Italie, Allemagne, Autriche, Portugal, Espagne...). Chaque pays a ses propres règles et conditions — certains chiffres circulant en ligne restent à vérifier au cas par cas.

Le mécanisme en 2 principes

  • Sans convention (CDI) : impôt à la source suisse systématique + risque de double imposition.
  • Avec CDI : le droit d'imposer revient soit à la Suisse (rare, favorable), soit au pays de résidence (cas le plus fréquent).
  • Le canton de la fondation reste déterminant dans presque tous les cas — Schwyz parmi les plus bas.

Retirer son capital de prévoyance en quittant la Suisse semble simple sur le papier. Dans les faits, le pays où vous choisissez de vous établir peut faire varier le montant net que vous conservez du simple au double. Ce guide détaille le mécanisme et la situation de plusieurs destinations avec, pour chacune, un niveau de certitude explicite sur les chiffres avancés.

Le mécanisme : qui a le droit de vous imposer ?

Deux principes gouvernent tout ce qui suit :

  • En l’absence de convention de double imposition (CDI) entre la Suisse et votre pays de résidence, la Suisse prélève systématiquement un impôt à la source, et une double imposition reste possible si votre nouveau pays taxe également ce capital.
  • En présence d’une CDI, celle-ci attribue le droit d’imposer soit à la Suisse (État de la source), soit à votre nouvel État de résidence — rarement aux deux à la fois. La plupart des conventions suisses suivent le modèle de l’OCDE, qui attribue en général ce droit au pays de résidence pour les pensions privées. Mais certaines conventions (Royaume-Uni notamment) font exception et laissent ce droit à la Suisse.

Pourquoi le canton de votre fondation compte, dans tous les cas : que ce soit pour un impôt à la source suisse définitif (si la Suisse garde le droit d’imposer) ou pour un remboursement d’impôt suisse à récupérer (si le droit revient à votre pays de résidence), le canton où est domiciliée votre fondation de libre passage détermine le montant prélevé initialement en Suisse. Le canton de Schwyz applique l’une des impositions à la source les plus basses de Suisse en cas de départ à l’étranger — c’est pourquoi de nombreuses fondations spécialisées dans les départs internationaux y ont établi leur siège.

Tableau par pays : ce que nous pouvons affirmer, et à quel niveau de certitude

PaysQui a le droit d’imposer (selon CDI)Ce qu’il faut savoir
Royaume-UniLa Suisse conserve le droit d’imposerSeule une imposition à la source suisse s’applique — optimisable via le canton de la fondation (Schwyz). C’est l’un des cas les plus favorables.
FranceLa France a le droit d’imposerSur demande et si les conditions sont remplies : prélèvement forfaitaire unique de 7,5 % sur 90 % du capital (soit environ 6,75 % effectif). À défaut : imposition ordinaire au barème progressif français. Ce résumé ne couvre pas les prélèvements sociaux (CSG/CRDS), le piège CMU, ni l’exception de l’employeur public suisse : pour le détail complet, consultez notre guide dédié à l’impôt sur le retrait du 2ème pilier pour un frontalier.
AllemagneL’Allemagne a le droit d’imposerPart obligatoire : imposition complète au barème allemand. Part surobligatoire : traitement plus favorable, parfois une exonération quasi complète du versement selon la composante concernée.
ItalieL’Italie a le droit d’imposerUn taux réduit (de l’ordre de 5 %) est normalement possible, mais conditionné au transfert des fonds sur un compte bancaire italien — une condition pratique déterminante. Le traitement peut varier selon la région.
AutricheL’Autriche a le droit d’imposerEn règle générale, le montant total du retrait est imposé au barème progressif ordinaire autrichien — sans régime préférentiel spécifique identifié pour ce type de capital.
PortugalLe Portugal a le droit d’imposerVoir section dédiée ci-dessous : la situation a beaucoup changé avec la fin du régime RNH.
EspagneL’Espagne a le droit d’imposer⚠️ Voir avertissement ci-dessous — nous n’avons pas identifié de taux précis fiable pour ce cas spécifique.

⚠️ Sur les taux d’imposition maximaux cités par certaines sources professionnelles (de l’ordre de 45 % pour l’Allemagne et la France, 47 % pour l’Italie, 50-55 % pour l’Autriche) : ces chiffres correspondent aux taux marginaux les plus élevés possibles selon le barème progressif local, pas à un taux fixe applicable systématiquement. Le taux réellement supporté dépend de l’ensemble de vos revenus imposables dans le pays concerné l’année du retrait. Ne les interprétez jamais comme des taux garantis.

Portugal : un cas qui a radicalement changé, à traiter avec prudence particulière

Le Portugal mérite un développement spécifique, car la situation y a évolué de façon majeure ces dernières années — et beaucoup de contenus encore en ligne sont aujourd’hui obsolètes.

Ce qui a changé : le régime du « résident non habituel » (RNH), qui permettait historiquement une imposition très favorable (parfois 0 % ou 10 %) sur les pensions étrangères, a été supprimé pour les nouveaux arrivants. Il a été remplacé par un nouveau régime (souvent désigné IFICI), aux conditions différentes. Les personnes ayant obtenu le statut RNH avant sa suppression peuvent, selon leur année d’entrée dans le régime, continuer à en bénéficier — une situation transitoire qui crée une réelle inégalité de traitement entre « anciens » et « nouveaux » résidents.

Pour un nouvel arrivant sans statut préférentiel, le capital LPP retiré est en principe imposé au barème progressif portugais ordinaire — ce qui peut représenter, selon vos autres revenus, une charge fiscale significative.

Une stratégie parfois évoquée consiste à retirer le capital avant de devenir résident fiscal portugais (par exemple l’année du départ, avant l’enregistrement de la résidence). Le retrait serait alors imposé uniquement en Suisse. ⚠️ Cette approche comporte un risque réel : elle peut être interprétée comme contraire à l’esprit de la convention fiscale, et sa validité dépend d’une planification précise du calendrier et de la réalité de vos dates de résidence. Ne l’entreprenez jamais sans l’avis d’un fiscaliste maîtrisant spécifiquement la convention fiscale Suisse-Portugal.

Royaume-Uni : le cas le plus simple, mais pas le plus connu

C’est un des rares cas où la convention fiscale laisse le droit d’imposer à la Suisse. Concrètement, cela signifie qu’aucune imposition portugaise, française ou autre ne vient s’ajouter : seul l’impôt à la source suisse s’applique, définitivement. C’est précisément dans ce type de configuration que le choix du canton de votre fondation (Schwyz notamment) a le plus d’impact direct sur le montant net conservé.

 

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Espagne et Autriche : les cas où la vigilance doit être maximale

Plusieurs sources professionnelles suisses signalent que l’Espagne et l’Autriche comptent parmi les destinations où la charge fiscale sur un retrait en capital peut être particulièrement élevée, notamment lorsque ce capital s’ajoute à d’autres revenus imposables la même année, dans des barèmes progressifs qui peuvent atteindre des taux marginaux très élevés. Nous ne disposons pas, à la rédaction de ce guide, d’un taux précis et fiable propre à un retrait de capital LPP en Espagne — au-delà du principe général que le droit d’imposer y revient au pays de résidence. Si vous envisagez l’Espagne comme destination, une simulation individuelle par un fiscaliste espagnol est indispensable avant toute décision : ne vous fiez à aucun pourcentage générique trouvé en ligne pour ce pays.

Les pays sans convention fiscale : le risque de double imposition

Si vous vous installez dans un pays qui n’a aucune convention de double imposition avec la Suisse, la Suisse prélève systématiquement son impôt à la source — et votre pays de résidence peut, en parallèle, taxer également ce même capital selon ses propres règles, sans mécanisme de coordination. Vérifiez systématiquement l’existence d’une CDI avec votre pays de destination avant tout projet de retrait, plutôt que de le supposer.

Stratégies transversales, valables quelle que soit la destination

  • Le choix du canton de la fondation reste pertinent dans presque tous les cas de figure — y compris quand le droit d’imposer revient à l’étranger, puisqu’un impôt suisse est presque toujours prélevé initialement, avant remboursement éventuel.
  • Le splitting sur deux comptes permet, indépendamment du pays de destination, d’échelonner un retrait sur deux années fiscales et de limiter la progressivité de l’impôt applicable — suisse ou étranger selon le cas. Voir notre guide sur le splitting du compte de libre passage.
  • Le timing du retrait par rapport au changement de résidence fiscale peut, dans certains cas, avoir un impact déterminant — mais comme illustré pour le Portugal, cette stratégie comporte des risques réels et ne doit jamais être mise en œuvre sans conseil spécialisé dans la convention fiscale précise concernée.

Conclusion : le pays de destination n’est jamais un détail

La même somme, retirée depuis la même fondation suisse, peut produire un résultat net très différent selon que vous vous installez au Royaume-Uni, en France, au Portugal ou en Espagne. Le mécanisme de la convention fiscale, la structure du barème local, et parfois même le timing exact de votre changement de résidence déterminent ensemble le montant que vous conserverez réellement.

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En résumé, voici 3 points clés

  • Ce n’est pas toujours la Suisse qui impose votre retrait : une convention de double imposition détermine si ce droit revient à la Suisse (cas favorable, ex. Royaume-Uni) ou à votre pays de résidence (cas le plus fréquent).
  • Chaque pays a ses propres règles : la France propose un prélèvement forfaitaire sous conditions, l’Italie exige un compte bancaire local pour un taux réduit, le Portugal a profondément changé depuis la fin du régime RNH.
  • Le canton de votre fondation reste pertinent dans presque tous les cas — et certains chiffres circulant en ligne (notamment pour l’Espagne) ne sont pas suffisamment fiables pour être cités sans vérification individuelle.

Pour aller plus loin

Pour le cas spécifique d’un résident fiscal français, notre guide dédié sur l’impôt sur le retrait du 2ème pilier pour un frontalier détaille le mécanisme du prélèvement forfaitaire et les pièges (CSG/CRDS, CMU) évoqués ici pour la France.

Les règles de retrait selon votre destination (part obligatoire bloquée ou non) sont détaillées dans notre guide 2ème pilier et départ à l’étranger.

Pour limiter la progressivité de l’impôt, quelle que soit votre destination, consultez notre guide sur le splitting du compte de libre passage.

Le choix entre percevoir une rente ou un capital influence aussi directement votre fiscalité de départ — voir notre guide 2ème pilier rente ou capital.

Questions fréquentes — Retrait de capital de prévoyance à l'étranger

Qui a le droit d'imposer mon retrait de capital LPP à l'étranger ?
Cela dépend de la convention de double imposition (CDI) entre la Suisse et votre pays de résidence. Le modèle le plus courant attribue ce droit au pays de résidence, mais certaines conventions (comme celle avec le Royaume-Uni) laissent ce droit à la Suisse.
Que se passe-t-il si mon pays de destination n'a pas de convention avec la Suisse ?
La Suisse prélève systématiquement un impôt à la source, et votre pays de résidence peut, en parallèle, taxer également ce capital selon ses propres règles, sans coordination — un risque réel de double imposition.
Le Portugal est-il toujours une destination fiscalement avantageuse ?
Beaucoup moins qu'auparavant. Le régime du résident non habituel (RNH), qui permettait une imposition très favorable, a été supprimé pour les nouveaux arrivants et remplacé par un autre régime. Les anciens bénéficiaires du RNH peuvent conserver leur régime selon leur date d'entrée.
Pourquoi le Royaume-Uni est-il un cas particulièrement favorable ?
Parce que la convention fiscale laisse le droit d'imposer à la Suisse plutôt qu'au Royaume-Uni. Seul un impôt à la source suisse s'applique, ce qui rend le choix du canton de la fondation particulièrement déterminant.
Le taux réduit en Italie s'applique-t-il automatiquement ?
Non. Il est généralement conditionné au transfert des fonds sur un compte bancaire italien, et le traitement peut varier selon la région. Vérifiez les conditions précises avant tout retrait.
Peut-on retirer son capital avant de changer officiellement de résidence fiscale ?
Cette stratégie est parfois évoquée, notamment pour le Portugal, mais elle comporte un risque réel : elle peut être interprétée comme contraire à l'esprit de la convention fiscale et dépend d'une planification précise du calendrier. Elle ne doit jamais être entreprise sans l'avis d'un fiscaliste spécialisé.
Le canton de la fondation a-t-il un intérêt même si mon pays de résidence a le droit d'imposer ?
Oui, car un impôt à la source suisse est presque toujours prélevé initialement, avant remboursement éventuel selon la convention applicable. Le canton de domiciliation de la fondation détermine ce montant initial.
Les taux d'imposition maximaux cités pour chaque pays sont-ils garantis ?
Non. Ce sont généralement les taux marginaux les plus élevés des barèmes progressifs locaux, qui ne s'appliquent que si l'ensemble de vos revenus imposables l'année du retrait atteint ces tranches. Une simulation individuelle reste indispensable.
Fares Yakoubi, fondateur de Century Finance et conseiller financier privé à Genève

Écrit par

Fares Yakoubi

Fondateur de Century Finance · Conseiller financier privé, Genève

Depuis plus de 10 ans, Fares accompagne frontaliers, expatriés et résidents suisses dans l'optimisation de leur prévoyance — 2e pilier, libre passage, 3e pilier. Fondateur du cabinet enregistré auprès de la FINMA, il met une expertise pointue du système suisse au service de décisions financières claires et rentables.

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